L'Aktu carbone, c'est LA newsletter des responsables RSE qui œuvrent pour la transition bas-carbone.
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ÉDITO

En septembre, on fait le tri : cartables, gouvernements et émissions

C’est la rentrée. Les cartables sont bouclés et les agendas flambant neufs. Mais la rentrée, ce n’est pas juste un retour au bureau ou à l’école : c’est aussi un moment pour faire le tri, ranger les vieilles habitudes au placard et repartir sur des bases solides.

 

La politique française, elle aussi, a fait son ménage de rentrée : François Bayrou descend du manège après huit mois à Matignon, remplacé par Sébastien Lecornu. Mais les questions restent : quelle direction, quel cap, quelles priorités pour la transition écologique ?

 

À deux mois de la COP30, les catastrophes estivales ont montré que notre grand huit climatique s’emballe et que, si on veut éviter le crash, il est temps de changer de rails.

 

La rentrée, c’est le moment des bonnes résolutions. Dans la vie personnelle, on se remet au sport ou on range son appartement. Côté climat, il est temps de mettre en place de nouvelles routines pour réduire nos émissions !

ACTUALITÉS

Compteur climatique : où en est-on ?

+0,7 %
C’est l’augmentation des émissions mondiales de CO₂ au premier semestre 2025 par rapport à la même période en 2024, d’après Carbon Monitor.

En clair, on n’a pas levé le pied : on continue de tourner en rond sur le grand huit des fossiles. L’été a ressemblé à un manège infernal : feux géants en Espagne et au Canada, vagues de chaleur en série en Europe et jusque dans la bande de Gaza... Un looping climatique où chaque secousse coûte des vies, des récoltes et des milliards (pour voir comment la sécheresse s’étend et tape fort, consultez la carte de Copernicus).

 

Et pendant que la planète hurle « stop », le compteur carbone, lui, continue de cliqueter vers le haut.

Zoom sur cette augmentation


Heureusement, un wagon sort du rail habituel : la Chine, premier émetteur mondial, a réduit ses émissions de 2,7 % grâce à un déploiement massif de sa capacité de production solaire et éolien (💡 En avril dernier, sa capacité en énergie solaire et éolienne a dépassé pour la première fois le thermique).

À l’inverse, les États-Unis ont décidé de lever les bras et de lâcher le frein : +4,2 % d’émissions. Retour au charbon dans les centrales, trafic routier et aérien en hausse : le rêve américain reste branché sur le vieux moteur thermique.

Quant à l’Europe... On voulait arriver à la COP30 avec la médaille verte, on se retrouve plutôt avec le bonnet d’âne climatique. +4,6 % pour l’UE et +1,6 % pour la France. Même constat : le charbon repart, les routes et les avions se remplissent, l'hydroélectrique et l'éolien baissent.

Et, comme si ça ne suffisait pas, les puits de carbone naturels qui nous aidaient à amortir la casse commencent eux aussi à lâcher la rampe. En 2023, les océans ont absorbé 10 % de CO₂ en moins que prévu à cause du réchauffement climatique. Les forêts européennes, elles, ont perdu près d’un tiers de leur capacité d’absorption en dix ans, affaiblies par les sécheresses et l’exploitation. Autrement dit, nos alliés naturels fatiguent.

 

Et compter sur les technologies ne suffira pas : les scientifiques viennent de revoir à la baisse les capacités de stockage de carbone dans le sous-sol, dix fois moins grandes qu’espéré.

 

La conclusion est sans surprise : il ne s’agit pas d’attendre la baguette magique technologique, mais de réduire les émissions à la source. Et pour cela, il faut mobiliser des moyens financiers massifs. Selon l’Observatoire européen de la neutralité climatique, il manquait déjà 344 milliards d’euros en 2023 pour financer la transition au sein de l’Union Européenne.

 

À deux mois de la COP30, ce chiffre résonne comme un rappel brutal : sans investissements solides, les promesses de neutralité carbone resteront des paroles en l’air.

Vrai ou vent : balayons les idées reçues

Chaque année, nos impôts subventionnent la destruction de la biodiversité.

✅ Vrai  !

 

Selon une étude publiée par l’Université autonome de Barcelone, entre 1 500 et 2 700 milliards d’euros de subventions par an encouragent, dans le monde, l’agriculture intensive, les énergies fossiles, la pêche industrielle ou encore les mines. Résultat ? Ces aides génèrent entre 8 000 et 19 000 milliards d’euros de dégâts environnementaux chaque année dans le monde. En résumé : nos impôts financent la destruction de la biodiversité.

Une politique climatique plus ambitieuse ferait baisser la croissance économique.

❌ Vent !

 

Selon un rapport de l’OCDE, renforcer l’action climatique pourrait booster le PIB mondial de plus de 13 % d’ici 2100. Pourquoi ? Parce que les investissements dans les énergies renouvelables, la rénovation des bâtiments ou la sobriété énergétique ne sont pas que des dépenses : ce sont des moteurs de croissance, de nouveaux emplois et des recettes supplémentaires.

Du bruit à l’essentiel : le vrai décryptage

Bayrou coule, Lecornu s’installe : quel avenir pour l'écologie ?

 

Le rideau est tombé le 8 septembre 2025. François Bayrou a tenté un coup de poker budgétaire à l’Assemblée… et s’est fait sortir sans ménagement. Pour la première fois sous la Vᵉ République, un Premier ministre s’est vu refuser la confiance des députés.

 

Résultat : après huit petits mois à Matignon, Bayrou plie bagage. Une sortie express qui restera comme une panne sèche pour l’écologie.

Bayrou, l’anti-transition express :

  • La loi Duplomb, un chef-d’œuvre à l’envers
    Mégabassines déclarées « d’intérêt général », fermes-usines dopées aux subventions et pesticides presque ressuscités - si le Conseil constitutionnel ne les avait pas censurés. Elle a déclenché une tempête de contestations : ONG, scientifiques et plus de 2 millions de citoyens ont dit non, via une pétition historique.

  • Ciseaux budgétaires XXL
    -2,1 milliards d’euros sur la mission Écologie. Le programme d’aide aux particuliers pour la rénovation thermique des bâtiments (MaPrimeRénov’), les aides à l’achat de véhicules électriques, les soutiens publics aux énergies renouvelables et à l'agriculture bio ? Coupés net. Bayrou a fait du vert une ligne de dépense superflue.

  • Ralentissement climatique : la France cale
    En 2024, les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de -1,8 % selon le Citepa (organisme mandaté par le ministère de la Transition écologique). En 2025, la prévision chute à -0,8 %… alors qu’il faudrait viser -5 % par an pour être au rendez‑vous de nos engagements climatiques.

À peine Bayrou parti, Emmanuel Macron a nommé son successeur : Sébastien Lecornu, ex-ministre des armées. Son CV côté écologie ? Il a été secrétaire d’État à la Transition écologique entre 2017 et 2018. Au menu : gestion de projets relatifs à l’énergie et notamment du nucléaire.

 

Et maintenant ? Lecornu hérite d’une pile de dossiers plus haute qu’une tour d’éolienne. Tout ça dans un climat politique aussi fracturé que nos banquises. Dans ce contexte, sans cap clair, la transition écologique risque de finir encore une fois au placard… Un placard qui déborde déjà, tandis que l’urgence climatique, elle, frappe à la porte avec de plus en plus d’insistance. Reste à savoir si Lecornu osera ouvrir… ou continuera à faire comme si personne ne sonnait.

LES REMOUS INTERNES : DÉFIS ET SOLUTIONS.

La difficulté du mois

Quel crédit accorder à la « compensation carbone » ?

 

La compensation carbone, c’est un peu comme un pansement : très utile pour couvrir une plaie, mais ça ne ressoude pas un os cassé. Mal comprise, on la prend pour une chirurgie express du climat (« hop, j’achète un crédit et pouf, mes émissions disparaissent »). En réalité, ça ne marche que si on a d’abord traité la blessure principale : réduire ses propres émissions.

NZI 3 piliers

Votre guide pour tout comprendre

  • Ce que c’est vraiment
    La compensation carbone permet à une entreprise de financer un projet qui réduit ou qui capte du CO₂ et de recevoir un « crédit carbone » certifiant qu’une tonne de CO₂ a bien été évitée ou absorbée. C'est un des leviers d’action nécessaires pour atteindre la neutralité carbone selon la Net Zero Initiative (schéma ci-dessus).

    Vous pouvez financer deux types de projets de compensation carbone :
    1. Les projets de réduction ou d’évitement des émissions de gaz à effet de serre : le projet vise une réduction d’émissions par rapport à un scénario de référence (ex. remplacer du charbon par du solaire).
    2. Les projets de séquestration des émissions de gaz à effet de serre : il s’agit là de capturer directement les émissions dans l’atmosphère par le développement et par l’entretien de « puits de carbone » qui peuvent être naturels (océans, forêts) ou industriels (captage de CO₂).

  • Ce que ce n'est pas
    Financer un projet de compensation n'annule pas votre impact : vos émissions sortent immédiatement dans l’atmosphère alors que les réductions ou séquestrations d’émissions financées sont progressives et étalées dans le temps. La réduction de vos propres émissions doit être prioritaire, et la première étape, c’est le Bilan Carbone pour identifier ce qu’il faut réellement changer.

    Rejoignez le Grand Quiz du Bilan Carbone le 21 octobre, de 13h30 à 14h30 avec Aktio, pour tester vos connaissances, démêler les scopes et découvrir comment cet outil devient un levier concret pour les entreprises.

  • Pour qu’un projet de compensation carbone soit vraiment crédible, il doit cocher 5 cases magiques :
    1. Bonus exclusif : il doit être additionnel, c’est-à-dire qu’il n’aurait pas pu être mis en œuvre sans les fonds provenant du projet de compensation volontaire.
    2. Effet longue durée : cet évitement ou cette séquestration doit tenir sur le long terme.
    3. Chiffres à l’appui : les tonnes de CO₂ évitées ou captées doivent être mesurées avec des méthodes solides.
    4. Contrôle qualité : un tiers indépendant doit pouvoir vérifier la séquestration ou la réduction effective des émissions.
    5. Pas de doublon : chaque crédit carbone doit être vendu une seule fois.

    Pour plus d'informations sur comment mettre en œuvre un projet de compensation carbone, consultez notre article détaillé.

Entendu par le respo RSE 

La RSE ? C’est pour les grands groupes. À notre taille, ça ne change rien.

Ou encore « On n’a pas les moyens », « Ça nous dépasse »...
Ça vous dit quelque chose ?

Ah, le classique. Celui qu’on entend souvent dans les couloirs ou autour d’un café. C’est la petite phrase qui fait passer la RSE pour un gadget de multinationale. Mais spoiler : c’est faux.

PME/TPE : vous avez un atout fou

  • Vous êtes plus souples. Pas besoin de dix réunions, trois validations et un comité stratégique pour décider de changer les ampoules ou de lancer une démarche bas-carbone. Un directeur, une idée, un coup d’essai… ça peut aller vite. Et vous avez un lien plus fort avec vos salariés, votre territoire, vos partenaires : ça rend chaque action plus concrète.
  • Impacter localement = être visible. Vos clients, vos collaborateurs, vos voisins savent ce que vous faites. Quand vous choisissez un fournisseur du coin ou quand vous réduisez vos déchets : ça se voit. Et ça renforce l’image de votre entreprise.
  • Effet multiplicateur. Si chaque PME/TPE fait un petit pas, ça crée une avalanche de bonnes pratiques. Le cumul change la donne. Votre action “locale” se répercute : vos clients en parlent, vos fournisseurs s’adaptent, vos concurrents sont poussés à agir aussi.
  • Réduire ses émissions ≠ dépenser plus. Moins de gaspillage, moins d’énergie consommée, moins de matière première jetée… c’est autant d’économies directes (💡 Bonus : des subventions existent pour vous aider à démarrer ou accélérer votre transition bas-carbone !).

Tout le monde a un rôle à jouer, quelle que soit la taille de votre entreprise. La RSE est un sport collectif et on a besoin de toutes les équipes sur le terrain !

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Aktio, 21 rue de Cléry, Paris, France 75002

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